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DECLARATION LIMINAIRE AU CSAL DU 14/11/2024

LIMINAIRE PRESENTEE AU CSAL DU 14/11/2024

Déclaration liminaire au CSAL du 14/11/2024
Nous sommes à l’entrée d’un moment historique rare, nous sommes à un point de basculement.
Nous sommes aux prémices du stade terminal de la liquidation des services publics !
Depuis longtemps, la nouvelle noblesse qui colonise les hauts postes d’État exprime sa haine envers le service public et les fonctionnaires. À coup de suppression, de réorganisation des services, de liquidation des moyens d’agir. Cette nouvelle noblesse qui circule du privé au public, cette noblesse managériale qui gère un État comme une start-up avec ses indicateurs, qui expérimente, performe sur les biens de la collectivité, n’a de cesse d’être inventive pour paupériser les agents de la Fonction Publique. Son objectif est la mise à mal de notre modèle social, à travers une nouvelle attaque frontale contre la Fonction publique et ses personnels qui font vivre le service public au quotidien sans la reeconnaissance qu’ils méritent pourtant chaque jour.
Ce sont les gouvernements successifs qui sont responsables du déficit public colossal que nous connaissons et non les fonctionnaires.
Le gouvernement annonce son soutien au passage de un à trois jours de carence pour les
fonctionnaires. Dans les médias, notre ministre de la Fonction Publique ne cesse de vouloir
diaboliser les fonctionnaires sur leurs arrêts maladie par des mensonges, des caricatures et des fantasmes.
Les chiffres de la Direction Générale de l’Administration de la Fonction Publique démontrent, à comparaison égale lors d’une semaine type, que les agents de la Fonction Publique d’État sont moins en congés maladie (3,2 %) que les salariés du privé (3,9 %).
Pour rappel à M le Ministre, les conditions de travail varient selon le secteur d’activité. Le rapport 2023 de son ministère précise bien que les arrêts de travail sont plus importants lorsque les agents sont confrontés à des conditions de travail atypiques : week-ends, nuits, jours fériés...
Le rapport IGF/IGAS de 2024 rappelle qu’à caractéristique d’emplois identiques il n’y a pas d’écart entre le public et le privé.
La réponse du gouvernement, ce sont les fonctionnaires qui sont responsables. C’est une inversion scandaleuse de la responsabilité. Dans le monde du travail, il y a un principe fondamental, c’est l’employeur qui est responsable de notre santé et de notre sécurité. Dans le privé, les employeurs, avec de fort taux d’accident de travail et d’arrêt maladie, ont des pénalités financières. Ce n’est pas le cas de l’État employeur qui est donc déresponsabilisé.
Passer de un à trois jours de carence, c’est faire payer toujours plus les agents malades, c’est s’obstiner dans une mesure idéologique qui a mille fois montré ses limites (plusieurs rapports attestent que cela n’améliore en rien la présence effective des personnels), c’est pousser les agents à se rendre au travail malade, au risque de provoquer par la suite un arrêt plus long et augmenter les dépenses de santé.
Les sous-effectifs chroniques dans les services publics conduisent à une explosion du nombre d’épuisements professionnels et de maladies liés au travail. Les agents voient leur condition de travail se dégrader d’année en année, 61 % déclarent que leur charge de travail a augmenté par rapport à l’année dernière, soit 8 points de plus que dans le privé. 68 % estiment être exposés à des risques psycho-sociaux soit + 15 points par rapport au secteur privé. Pour faire passer la pilule, le gouvernent veut faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés.
Cette mesure ne serait que justice sociale , me direz-vous ?
La vérité est que 2/3 des salariés du privé n’ont aucun jour de carence, pris en charge par
l’employeur. L’étude de la DRESS de 2015 rappelle que la prise en charge des jours de carence dans le privé permet de réduire les arrêts maladie.
Vous connaissez tous l’adage : « Mieux vaut prévenir que guérir » !
Non content de son attaque sur le nombre de jours de carence, le gouvernement prévoit aussi de soutenir une réduction des conditions d’indemnisation des périodes de maladie, en supprimant le maintien de la rémunération à taux plein les trois premiers mois et en le remplaçant par un taux de 90 %…
Non seulement le gouvernement continue de refuser de reconnaître l’engagement et le travail de 5,7 millions d’agents publics, mais il s’attaque aux personnels malades.
Après la confirmation de la poursuite du gel du point d’indice et la suppression de la « garantie individuelle du pouvoir d’achat » (GIPA), le gouvernement veut maintenant ajouter un nouvel étage à sa politique anti-fonctionnaires.
La CGT FIP réaffirme sa revendication d’abrogation du jour de carence.
Le gouvernement veut aligner le public et le privé, chiche, commençons alors par les salaires !
Selon l’INSEE le pouvoir d’achat des salariés du privé a augmenté 2 fois plus vite que celui
des fonctionnaires entre 2011 et 2021.
Vous allez me dire que les fonctionnaires ont été augmentés de 5% entre 2022 et 2023, mais dans le même temps les prix à la consommation ont augmenté de + de 11 %.
Encore plus d’arrogance, plus de dédain, plus de haine vis-à-vis des agents de la DGFIP !
La nouvelle directrice veut se démarquer et veut frapper plus fort que ses prédécesseurs qui n’étaient déjà pas tendres avec leurs agents !
A se demander s’il n’existe pas un concours du Directeur Général le plus méprisant ?
Elle exige aucun pont naturel pour 2025 qui décompte 5 ponts potentiels. Les administrations ne peuvent prétendre qu’à trois ponts naturels maximum par an selon les dispositions réglementaires.
Mais avec notre nouvelle Directrice Générale, pas deux, pas un pont : zéro !
Ce pont, dont la nouvelle directrice générale aurait pu se saisir en l’accordant en forme de
reconnaissance. Que cela ne tienne la nouvelle directrice a décidé et se moque des conditions dans lesquelles les agents devront assurer la réception des contribuables.
Qui va assurer la garde des enfants alors que les écoles seront fermées ?
Pour la CGT Finances Publiques, les agents des Finances Publiques n’ont pas à être les boucs-émissaires d’une politique qui a fermé près de 60 % des structures en 4 ans et qui a supprimé 30 % des emplois en 20 ans.
La Directrice Générale envisagerait-elle de supprimer le jour d’absence exceptionnel ?
Pourquoi voudrait-elle le garder alors qu’il n’y a plus de pont ?
Et hop, encore un coup de rabot !
Les ponts naturels avaient été créés lors la mise en place des 1 607 h dans la Fonction
Publique, ils doivent alors être couverts par des autorisations d’absences et ne doivent pas être pris sur les congés des agents.
La CGT FIP 91 demande la fermeture au public les jours de ponts naturels, permettant ainsi la libre disposition des congés pour les agents dans les cadres réglementaires habituels.
Les ponts sont aussi l’occasion pour beaucoup de pouvoir souffler en bénéficiant de quelques jours de repos au cours de périodes de travail épuisantes.

Article publié le 26 novembre 2024.


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